Psychanalyse et Vous

La répétition (approche de J-D.Nasio)

La répétition s’invite très souvent au cœur de nos cabinets, parfois en pleine conscience, parfois non. Il n’est en effet pas rare que le patient arrive lors de la première séance avec cette demande d’arrêter de reproduire sans cesse les mêmes erreurs. C’est cela qui est conscient : la répétition. Celle que Nasio nomme aussi la répétition temporelle. Ce qui ne l’est pas, conscient, ce sont les causes de cette répétition.

Parfois, le patient vient aussi sans avoir à l’esprit d’être enfermé dans un schéma répétitif.

Freud a dit « ce qui n’a pas trouvé sa signification dans notre tête revient toujours dans nos actes ». En cherchant à aller à la source de l’apparition du symptôme, le praticien cherche à trouver la cause de la névrose infantile qui se répète chez l’adulte en souffrance.

Une des questions à avoir en tête est celle-ci : que permet de solutionner, de la mauvaise façon certes, ce trouble qui se répète ?

Pourquoi la répétition ?

1) Il y a répétition parce que les émotions éprouvées lors du traumatisme ou de plusieurs microtraumatismes n’ont pu être symbolisées. C’est ce qui fait dire à Lacan que « ce qui a été exclu du symbolique reparaît dans le réel ».

2) Il y a répétition pour libérer l’énergie accumulée. C’est la répétition économique.

3) La répétition permet à l’angoisse non ressentie lors du trauma de s’exprimer. C’est la répétition que Nasio nomme clinique.

Pour Nasio, la répétition pathologique est toujours un mouvement compulsif : le passé forclos puis refoulé, éclate à la surface du Moi.

Il y a 2 mouvements : d’abord le mouvement horizontal de la répétition temporelle, le symptôme ou le passage à l’acte se répète dans la vie du patient et le mouvement vertical (répétition topique) qui permet de traduite le passage de la jouissance fantasmée dans l’inconscient à la conscience par la répétition d’un symptôme qui sera cependant à chaque fois le même et légèrement différent.

Comment en finir avec la compulsion de répétition ? Autrement dit, comment l’analyste agit-il ?

Il doit aider son analysant à reconstruire le fantasme infantile inconscient et à revivre les émotions qu’il n’a pas pu pleinement vivre lors du trauma. Cela est rendu possible par le transfert. Le psychanalyste induit la reviviscence et celle-ci est conditionnée au transfert.

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